Désormais, son choix irait bien vers Rodolphe Thomas, la tête de liste MoDem. « Un brillant candidat, mais qui ne peut pas l'emporter. ... »
La députée s'est résolue à faire front commun avec l'UMP pour les Régionales. Mais un arrière-goût d'affaire louche traîne encore dans sa bouche, deux mois après avoir été écartée de ces élections.
Grenier à sel, samedi midi à Honfleur. L'endroit est idéalement choisi. Il y a foule, du beau monde de surcroît, et ces bons voeux ne vont pas manquer de piment. Christian Cardon n'a pas pris la parole depuis deux minutes que déjà, Philippe Augier ne peut réprimer un sourire grimaçant. Le maire de Trouville ouvre les hostilités en revenant sur « la victoire d'une obscure manoeuvre d'appareil au sein de l'UMP ».
Deux mois après sa divulgation, le choix du tandem UMP-Nouveau centre Le Grand-Augier pour les Régionales de mars n'est toujours pas digéré. « Je le regrette, vous étiez la meilleure tête de liste possible pour battre la gauche », ajoute Christian Cardon en direction de Nicole Ameline. Désormais, son choix irait bien vers Rodolphe Thomas, la tête de liste MoDem. « Un brillant candidat, mais qui ne peut pas l'emporter. » Alors le suppléant de la députée se range à la majorité : « Nous soutiendrons la liste en place. » Sous-entendue UMP.
« J'espère que ceux qui m'ont écartée... »
Un peu plus tard, Nicole Ameline confirme cette position : « Je ne ferai rien contre mon camp. » Nouveau bémol, cependant. « C'est vrai qu'avec peut-être une âme de Viking, je pensais pouvoir reconquérir cette belle abbaye aux Dames (NDLR : siège du conseil régional), appuie Nicole Ameline. Et parce que je n'accepte pas qu'on joue avec l'intérêt général, j'espère que ceux qui m'ont écartée de cette bataille mettront autant d'énergie à la gagner. »
Il est trop tôt pour avancer que l'ancienne ministre sera candidate à sa propre succession aux Législatives de 2012. Mais son suppléant laisse tout de même entendre le souhait de « très bien préparer » cette échéance, alors que se confirme le rattachement de Ouistreham à la circonscription de la Côte fleurie. D'après Christian Cardon, l'actuel découpage électoral de ces deux cantons avait été taillé pour « Louis Mexandeau » d'un côté, et « Michel d'Ornano » de l'autre. Il date de 1986 et Charles Pasqua, alors ministre de l'Intérieur du gouvernement (de cohabitation) Chirac, en avait aiguisé les ciseaux.
Raphaël FRESNAIS - Ouest-France du mercredi 27 janvier 2010
