
Alain Lambert crée la surprise sur Twitter.
Le président du conseil général envisage de se présenter « pour concilier Rachida Dati et François Fillon ». Avec des réflexions qui ne manquent pas d'humour sur le devoir de réserve.
Au moment où l'ex-ministre Rachida Dati et le Premier ministre François Fillon se disputent un siège de député à Paris dans un débat très médiatisé, Alain Lambert twitte. Et son intervention lapidaire sur internet est bien dans la veine malicieuse qui l'anime aux meilleurs jours.
« Je vais essayer de les concilier en m'y présentant, j'y habite ! » lance le président du conseil général. Il confirme son intention devant des journalistes de francetv2012, « à condition d'obtenir l'investiture centriste ». Dans la course à la présidence de la République, Alain Lambert a annoncé qu'il soutiendrait la candidature de François Bayrou .
Depuis Singapour, où il se trouve ces jours-ci, le président du conseil général de l'Orne met son grain de sel et se justifie : « Les élections nationales sont ouvertes à tous les citoyens. Je paie mes impôts locaux dans le VIe (arrondissement) depuis plus de 15 ans. » Rachida Dati, elle, est maire du Ve arrondissement.
« Gaieté du débat »
La « première tweetcampagne intégrale » est lancée en forme de pirouette. Mais Alain Lambert connaît d'avance l'avalanche de critiques qui l'attend. Aussi prend-il la peine de poster, sur son blog, une « définition personnelle de l'obligation de réserve ». Tout en demandant qu'on ne cite pas « l'Institution » à laquelle il appartient : « Cela déclenche des alertes Google qui freinent ma liberté de parole, ce qui nuit à la gaieté du débat. »
Ses fonctions à Paris auprès de Didier Migaud le tiennent en principe éloigné du débat politique. Mais le ton des interventions d'Alain Lambert montre toujours combien il aime la joute. L'obligation de réserve « ne vise pas à transformer en sous-citoyen une personne en charge de responsabilités attachées à l'autorité publique ».
Alain Lambert revendique plutôt le « discernement » et conçoit la neutralité exigée comme le fait de « ne pas mettre en avant [son] appartenance à ladite Institution [...] dans le cadre de [ses] engagements politiques ». De même, il demanderait à « être placé en position de disponibilité » s'il était candidat à une élection nationale. Bientôt une place à prendre dans « l'Institution » ?
Journal Ouest-France du mercredi 26 octobre 2011
Edition : Orne
