La hausse des tarifs du chauffage urbain à Hérouville-Saint-Clair s'est transformée en un dossier d'agglomération.
« La multinationale GDF-Suez, qui gère l'usine d'incinération, a réalisé 773 000 € de résultat net en 2009. Et elle veut faire payer les locataires HLM », s'indigne Laurent Mata, maire adjoint d'Hérouville-Saint-Clair. « Vous devriez rejoindre le Parti socialiste », réplique, amusé, Philippe Duron, président de l'agglo.
Vendredi lors du conseil d'agglomération, Rodolphe Thomas, maire MoDem d'Hérouville et son adjoint, se sont élevés contre la hausse des tarifs
du chauffage urbain dans leur ville : le prix du mégawatt/heure doit passer de 12 € à 20 €. « Une mesure inadmissible ! » Près de 6 400 logements, uniquement hérouvillais, dont une bonne partie en secteur social, sont chauffés par la chaleur dégagée lors de la combustion des déchets à l'usine d'incinération de Colombelles. Cette usine n'est pas sous la tutelle de l'agglo mais d'un syndicat intercommunal regroupant 93 communes. Sans doute soucieux de leur image, qui se veut proche du peuple, les élus d'Hérouville ont choisi de rendre public le débat en le déplaçant du discret syndicat intercommunal vers l'agglomération. Une assemblée plus politique. Il s'agit d'un débat hypertechnique, ainsi que le souligne Annie Berger (Verts) qui par ailleurs s'étonne : « Pourquoi les habitants d'Hérouville bénéficient-ils d'un chauffage à bas prix à la différence des autres habitants de l'agglomération ? » Président du syndicat intercommunal, Jean-François Le Querler assure que depuis 18 mois, la hausse fait l'objet d'une discussion au sein du syndicat : « Mais Hérouville répond toujours non à tout. Le prix moyen dans des systèmes similaires de chauffage est de 25 € le mégawatt. » Les tarifs ont baissé en 2006. Dans quelles conditions ? Cette deuxième discussion, aussi technique, est teintée d'arrière-pensées : « L'appel d'offres, qui a précédé la baisse, était-il régulier ? » s'interroge Laurent Mata. À la demande de Jean-Michel Gasnier (Mondeville), inquiet de cette « querelle entre communes », un groupe de conciliation a été mis sur pied.
Jean-Pierre BEUVE.
Journal Ouest-France du lundi 29 novembre 2010
Edition : Caen
